Comprendre simplement le langage ARIA et son rôle dans l’accessibilité web

Introduction

Le langage ARIA (Accessible Rich Internet Applications) est un ensemble d’attributs HTML conçu pour améliorer l’accessibilité des interfaces web, en particulier lorsqu’elles utilisent des composants dynamiques créés avec JavaScript. Il joue un rôle essentiel pour rendre les contenus compréhensibles par les technologies d’assistance comme les lecteurs d’écran.

Souvent évoqué dans les démarches d’accessibilité numérique, ARIA reste pourtant mal compris. Il ne s’agit pas d’un langage à part entière, mais d’un complément au HTML permettant de mieux décrire les éléments interactifs.

À quoi sert ARIA ?

Le HTML natif possède déjà une sémantique riche : un bouton est identifié comme un bouton, un lien comme un lien, un titre comme un titre. Mais lorsque des interfaces modernes utilisent des composants personnalisés (menus déroulants, onglets, fenêtres modales…), cette sémantique peut disparaître.

ARIA permet alors de :

  • Décrire le rôle d’un composant (menu, bouton, dialogue, onglet…)

  • Indiquer son état (ouvert, fermé, sélectionné, désactivé…)

  • Préciser ses relations avec d’autres éléments

  • Améliorer la restitution par les lecteurs d’écran

En résumé, ARIA ajoute du sens là où le HTML seul ne suffit plus.

Le principe : enrichir, pas remplacer

Une règle essentielle à retenir est simple : ARIA ne doit pas remplacer le HTML, mais le compléter.

Par exemple :

  • Un vrai élément <button> est toujours préférable à un <div> avec du JavaScript

  • Un champ <input> correctement associé à un <label> reste la meilleure solution

ARIA intervient surtout lorsque l’on ne peut pas utiliser un composant HTML standard.

Les trois grandes familles d’attributs ARIA

Les rôles

Les rôles décrivent la fonction d’un élément dans l’interface. Ils permettent aux technologies d’assistance de comprendre à quoi sert un composant.

Exemples courants :

  • role="button"

  • role="navigation"

  • role="dialog"

  • role="tab"

Ils sont particulièrement utiles pour les composants interactifs créés sur mesure.

Les propriétés

Les propriétés donnent des informations supplémentaires sur un élément, comme son étiquette ou sa relation avec d’autres contenus.

Exemples :

  • aria-label : fournit un nom accessible

  • aria-labelledby : associe un élément à un texte visible

  • aria-describedby : rattache une description complémentaire

Ces attributs améliorent la compréhension du contexte par les lecteurs d’écran.

Les états

Les états décrivent les changements dynamiques dans l’interface.

Exemples :

  • aria-expanded : indique si un menu est ouvert ou fermé

  • aria-selected : précise si un élément est sélectionné

  • aria-hidden : signale qu’un contenu doit être ignoré

Ils sont essentiels pour les interfaces interactives qui évoluent sans rechargement de page.

Quand utiliser ARIA ?

ARIA devient utile dans plusieurs situations :

  • Menus déroulants dynamiques

  • Systèmes d’onglets

  • Fenêtres modales

  • Accordéons

  • Composants personnalisés complexes

Dans ces cas, il permet de rendre l’interaction compréhensible pour les personnes utilisant un lecteur d’écran.

Les erreurs fréquentes

L’utilisation d’ARIA peut améliorer l’accessibilité, mais une mauvaise implémentation peut aussi la dégrader. Parmi les erreurs courantes :

  • Ajouter des rôles inutiles sur des éléments déjà sémantiques

  • Multiplier les attributs sans bien comprendre leur effet

  • Masquer du contenu important avec aria-hidden

  • Oublier de mettre à jour les états lors des interactions

Un principe simple guide les bonnes pratiques : moins il y a d’ARIA, mieux c’est, tant que le HTML est correctement utilisé.

ARIA et les technologies d’assistance

Les lecteurs d’écran s’appuient sur ARIA pour annoncer aux utilisateurs :

  • Le type de composant

  • Sa fonction

  • Son état actuel

  • Les actions possibles

Cela permet une navigation plus fluide dans des interfaces modernes souvent très dynamiques.

Conclusion

ARIA est un outil puissant pour renforcer l’accessibilité des interfaces web, mais il doit être utilisé avec méthode. Il ne remplace pas un HTML propre et sémantique ; il intervient en complément lorsque les composants deviennent complexes ou dynamiques.

Bien maîtrisé, il améliore significativement l’expérience des utilisateurs de technologies d’assistance et contribue à rendre le web plus inclusif.