Comprendre la structure du RGAA : chapitres, critères, indicateurs et tests

Introduction
Le Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité (RGAA) est le cadre méthodologique utilisé en France pour évaluer et améliorer l’accessibilité des services numériques. Pour être exploitable par les équipes techniques, il repose sur une structure très organisée, composée de chapitres thématiques, de critères, d’indicateurs et de tests.
Comprendre cette architecture est essentiel pour mener un audit, piloter une mise en conformité ou intégrer l’accessibilité dans un projet web.
Une organisation en 13 chapitres thématiques
Le RGAA est structuré en 13 grands chapitres. Chacun couvre un domaine précis de l’accessibilité numérique et regroupe des critères associés.
Ces chapitres permettent d’aborder l’accessibilité de manière complète, en couvrant à la fois les aspects techniques, visuels et fonctionnels.
Les 13 chapitres sont :
Images
Cadres (frames)
Couleurs
Multimédia
Tableaux
Liens
Scripts
Éléments obligatoires
Structuration de l’information
Présentation de l’information
Formulaires
Navigation
Consultation
Chaque chapitre correspond à un type de contenu ou d’interaction spécifique. Par exemple, le chapitre sur les images traite des alternatives textuelles, tandis que celui sur les formulaires concerne l’étiquetage des champs, les messages d’erreur ou encore l’aide à la saisie.
Les critères : le cœur du référentiel
À l’intérieur de chaque chapitre, on trouve des critères d’accessibilité. Un critère décrit une exigence précise à respecter.
Exemples de critères :
Une image informative doit avoir une alternative textuelle pertinente
Chaque champ de formulaire doit avoir une étiquette associée
Les titres doivent être correctement structurés
Les liens doivent être explicites
Chaque critère correspond à un objectif d’accessibilité mesurable. C’est sur ces critères que repose l’évaluation globale d’un site.
Les tests : vérifier concrètement la conformité
Chaque critère est accompagné d’une série de tests. Ces tests décrivent exactement comment vérifier si le critère est respecté ou non.
Ils constituent la dimension opérationnelle du RGAA.
Un test précise généralement :
Ce qu’il faut examiner (code, contenu, comportement)
Dans quel contexte vérifier
Quelle condition doit être remplie pour que le critère soit conforme
Par exemple, pour un critère sur les images, les tests peuvent consister à :
Vérifier la présence d’un attribut alt
Évaluer la pertinence du texte alternatif
S’assurer qu’une image décorative est ignorée par les technologies d’assistance
Cette approche rend l’évaluation homogène et reproductible.
Les indicateurs de conformité
Lors d’un audit RGAA, chaque critère évalué reçoit un statut. Ces statuts servent d’indicateurs pour mesurer le niveau global d’accessibilité.
Les principaux états possibles sont :
Conforme : le critère est respecté
Non conforme : au moins un problème est détecté
Non applicable : le critère ne concerne pas la page auditée
Ces indicateurs permettent ensuite de calculer un taux de conformité global.
Ce taux est utilisé dans les obligations réglementaires, notamment pour la déclaration d’accessibilité.
Une logique de lecture progressive
La structure du RGAA suit une logique claire :
Le chapitre définit le domaine (images, formulaires, navigation…)
Le critère fixe l’objectif d’accessibilité
Le test explique comment vérifier cet objectif
L’indicateur traduit le résultat de l’évaluation
Cette organisation permet à la fois :
Une lecture pédagogique pour comprendre les enjeux
Une utilisation technique pour réaliser des audits précis
Une base commune pour tous les acteurs
La structure du RGAA est conçue pour être utilisée par différents profils :
Auditeurs accessibilité
Développeurs
Designers
Chefs de projet
Responsables conformité
Chacun peut s’appuyer sur les chapitres et les critères qui concernent son domaine, tout en gardant une vision globale.
Un référentiel aligné sur les standards internationaux
Le RGAA est basé sur les règles internationales d’accessibilité (WCAG). Sa structure en chapitres, critères et tests est une adaptation opérationnelle de ces standards.
L’objectif est de transformer des principes généraux en règles concrètes et vérifiables dans un contexte réel de production web.
Un outil pour piloter l’amélioration continue
Au-delà d’un simple contrôle, la structure du RGAA permet :
D’identifier précisément les points de blocage
De prioriser les corrections
De suivre les progrès dans le temps
D’intégrer l’accessibilité dans les cycles de développement
Les chapitres facilitent la répartition du travail par thématique, tandis que les tests servent de guide technique pour corriger les non-conformités.
Conclusion
Le RGAA repose sur une architecture claire et méthodique : 13 chapitres thématiques, des critères précis, des tests détaillés et des indicateurs de conformité. Cette structure permet de transformer les principes d’accessibilité en actions concrètes et mesurables.
Bien comprise, elle devient un véritable outil de pilotage pour intégrer durablement l’accessibilité dans les projets numériques, faciliter les audits et structurer les démarches de mise en conformité.
